Les revues de presse du JdP n° 89
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La revue de presse internationale

Date : 04/04/2008

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FONDS SOUVERAINS

UNE COLONISATION ÉCONOMIQUE À L’ENVERS
Récemment encore on pensait que les Hedge funds et les fonds d’investissement privés étaient les seuls ogres du business planétaire. C’était oublier les fonds souverains qui dépendent directement des Etats. D’après le FMI, les coffres-forts des Etats disposeraient de plus de 2 000 milliards d’euros, soit 6 fois plus qu’il y a 15 ans et 2 fois plus que les fonds spéculatifs. A en croire les experts, ces fonds devraient même tripler d’ici 2012 pour atteindre les 6 000 Mde. Si certains pensent que les fonds souverains sont une opportunité à court terme pour les pays occidentaux, ce qui est vrai, le prix à payer sera certainement fort à moyen et à long terme et ce, d’autant plus, qu’il existe une certaine opacité générale dans les stratégies d’investissement.
L’un des plus grands risques lié aux fonds souverains est que ces derniers deviennent progressivement de plus en plus exigeants, voire menaçants, en imposant en sous-main des hausses de cours des matières premières ou en utilisant certains leviers de négociation sur le plan de la politique étrangère. Des pays comme Abu Dhabi (590 Mde), la Norvège (213 Mde) ou la Chine (135 Mde) en ont largement les moyens au niveau de la finance internationale. Ils peuvent aujourd’hui, d’un simple claquement de doigt, se payer tout le CAC 40 c’est-à-dire le fleuron des entreprises françaises. Face à cette nouvelle puissance financière, les 40 milliards de la Caisse des dépôts et Consignations apparaissent un peu maigrichons pour refouler les prétendants. Il est vrai également que les grandes banques ont été heureuses de les trouver pour financer les pertes liées aux «subprimes» américains. Il est d’ailleurs envisagé que les fonds souverains contribuent à hauteur de 60 milliards d’euros par an pour permettre aux banques de rester en capacité de prêt.

D’OÙ VIENT CET ARGENT ?
Principalement de la manne pétrolière pour les pays producteurs, lesquels pensent déjà à préparer l’après-pétrole en n’hésitant plus, pour cela, à faire monter le cours du pétrole. C’est également le cas des fabuleux excédents commerciaux engrangés par plusieurs pays d’Asie avec le reste du monde. Selon Nicolas Baverez, historien et économiste, «Le Sud représente désormais la moitié de la production mondiale. Ses fonds souverains moissonnent les actifs et les technologies du Nord». Il est vrai qu’après une longue période de placements en «bon père de famille» dans l’immobilier ou l’achat de bons du Trésor américains, les fonds souverains se mobilisent dorénavant vers l’acquisition de parts dans le capital des grandes entreprises selon un principe de stratégie d’intégration verticale.
En seulement un an, 40 milliards d’euros ont été investis dans les plus belles sociétés de la planète avec des prises participation parmi des mastodontes comme Citygroup, UBS, Morgan Stanley, Barclays, Merril Lynch, Sony, EADS, Volkswagen ou encore, les grands ports américains dont celui de New York… En France, selon Europlace, les fonds souverains auraient déjà acquis 4% du CAC 40 et plusieurs projets sont en cours concernant Bouygues, Areva, Sanofi-Aventis…

Encours des principaux fonds souverains en milliards de dollars (base in 2007) :
1 300  Abu Dhabi
445    Singapour
315    Norvège
300    Arabie Saoudite
250    Koweït
200    Chine
158    Russie
Source : Natexis

MILLIONNAIRES

UNE CROISSANCE À 2 CHIFFRES DE LEUR PATRIMOINE

En 2006, le monde comptait 9,5 millions de millionnaires en dollars en terme de patrimoine financier, hors résidence principale. En une année, leur nombre a progressé de 8,3% et leur patrimoine de 11,4% pour atteindre un total de 37 200 milliards de dollars. Selon l’étude annuelle World Wealth Report, 35% des  riches se recrutent dorénavant dans les économies nouvellement industrialisées des pays émergents (Asie, Pacifique, Moyen-Orient). La Chine compte pas moins de 345 000 millionnaires soit presque autant que la France (385 000). En seulement 10 ans, le nombre de millionnaires a doublé et le patrimoine financier du top 200 des plus grosses fortunes est passé de 300 à 2 000 milliards de dollars. Actuellement 28% des grandes fortunes sont gérées en Suisse, 4% à HongKong, 3% à Singapour et de plus en plus à Dubaï. Le goût du luxe des millionnaires se concentre principalement sur les véhicules de luxe, les yachts et les jets privés (26%), sur l’art (20%) et sur la joaillerie (18%). A noter que 285 milliards de dollars ont été investis en 2006 dans des actions philanthropiques (sociale, culturelle ou religieuse) sur l’ensemble de la planète.

Top 12 des pays accueillant le plus de millionnaires (base 2006) :
•   Etats-Unis            2 920 000
•   Japon                  1 400 000   
•   Allemagne              798 000
•   Grande Bretagne     485 000
•   France                    389 000
•   Chine                      344 000
•   Canada                   248 000
•   Suisse                    200 000
•   Australie                 161 000
•   Brésil                      120 000
•   Russie                     119 000
•   Inde                        100 000
Sources : CapGemini, Merrill Lynch, Forbes

SALAIRES

DES ÉCARTS NOTABLES SELON LES PAYS

Une étude internationale menée par le cabinet Mercer sur les niveaux de rémunération pratiqués dans le monde révèle quelques surprises de taille. Par exemple, un ouvrier Belge perçoit une rémunération annuelle de 20 851e devant l’Allemand (19 409e) et très loin devant l’ouvrier Français qui stagne à 12 300e en rémunération nette annuelle. Il est vrai que si un ouvrier Français gagne 78% de plus qu’un Indien, 74,2% de plus qu’un Chinois et 60,8% de plus qu’un Polonais, l’ouvrier Espagnol gagne de son côté 44% de plus que le Français, l’Anglais +42,1% et l’Italien +9%. En ce qui concerne les agents de maîtrise, ce sont les Américains qui sont en tête avec 42 090e par an alors que les Français plafonnent à 30 070e. Même constat avec les cadres moyens et les ingénieurs qui perçoivent 54 020e aux Etats-Unis et 52 234e en Angleterre, soit jusqu’à 20% de plus qu’en France (41 300e). Même l’Espagne offre une rémunération annuelle de +9,6% à ces cadres.
Selon un expert en ressources humaines «Dans tous les pays, les entreprises sont confrontées à une pénurie de talents, aussi bien d’experts que de managers, qu’il faut bien rémunérer sous peine de les voir partir ailleurs. Aujourd’hui, un ingénieur indien ou chinois a des possibilités de se faire embaucher non seulement dans son pays d’origine, qui connaît des taux de croissance prodigieux, mais également dans pratiquement tous les pays occidentaux à la recherche de compétences scientifiques.»

LA FRANCE BIEN PLACÉE EN QUALITÉ DE VIE
Au-delà du salaire, il est important d’apprécier le coût de la vie et surtout la qualité de vie. Pour Mercer, si le coût de la vie est jugé important à Paris (indice 100) et bien plus encore à Londres (115), la qualité de vie reste néanmoins un point fort de la France (indice 100) ainsi que pour Berlin et Bruxelles (indice 102 chacun). Selon l’étude, la ville de New York offre l’un des meilleurs rapports salaire/coût de la vie/qualité de la vie.

Comparaison du coût de la vie et de la qualité de vie dans 10 capitales en prenant la France comme base d’étalonnage en base 100. Un indice inférieur à 100 pour le coût de la vie est jugé plus favorable qu’à Paris. A l’inverse, un indice inférieur à 100 pour la qualité de vie est jugé moins favorable qu’à Paris:


    Coût de la vie Qualité de la vie
Londres 115 99
Paris 100 100
Rome 100 96
Berlin 96 102
Bruxelles 94 102
Madrid 93 98
Pékin 93 73
New York 90 97
Varsovie  89 84
New Dehli 77 62

Source : Mercer

TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION

UN PROBLÈME D’ETAT D’ESPRIT EN FRANCE
Il semble que malgré les apparences, la France prenne du retard dans le domaine des TIC avec des dépenses en R&D insuffisantes, une culture informatique à la traîne et un déficit d’ordinateurs dans les écoles. C’est du moins l’avis de Gérard Berry, X-Mines, membre de l’Académie des sciences et professeur au Collège de France, pour qui «Les fondements du monde numérique restent largement ignorés du public français». Cela signifie pour lui que «Si nous consommons beaucoup d’informatique nous ne la dominons pas. Nous confondons encore informatique et utilisation de la souris». Or, poursuit-il, les vraies décisions qui concernent notre avenir se prennent aujourd’hui : «Le monde est en train de mettre en réseau non plus des hommes parlant de PC à PC mais des objets : des caméras, des voitures qui dialoguent avec la route, des GPS qui localisent les embouteillages, des systèmes ferroviaires, des applications domotiques, des puces RFID capables de détecter à tout moment n’importe quel objet…»
Si la France possède beaucoup d’atouts avec une recherche renommée au niveau mondial, des innovations remarquables sur le plan industriel et des professionnels bien formés, ce chercheur constate toutefois que «Nous avons raté le train des logiciels fondamentaux de l’Internet comme les moteurs de recherche. Dans un monde qui ne cesse d’accélérer, il nous manque aussi ce que les Américains appellent le «drive» : le dynamisme de la Silicon Valley et de l’Asie est à cet égard fascinant, alors que nous avons en permanence le pied sur le frein». Le cœur du problème en informatique serait donc lié à «Une question de schéma mental car dans ce domaine où les avancées reposent davantage sur la vitesse et l’esprit d’entreprise, nous avons du mal. En informatique, si on n’est pas en avance, on est en retard !»

Dépenses de R&D consacrées aux technologies de l’information en dollars par habitant (base 2005) :
483    Finlande
264    Japon
239    Etats-Unis
221    Corée du Sud
121    France

Part de la population dotée de bonnes compétences dans l’usage d’un ordinateur (base 2006) :
38,4%    Danemark
36,5%    Norvège
26,8%    Allemagne
26,4%    Royaume-Uni
21,2%    France

Nombre d’élèves par ordinateur dans l’enseignement primaire et secondaire (base 2006) :
3,85    Danemark
4,43    Pays-Bas
4,57    Royaume-Uni
6         Finlande
8         France
Sources : GFII, Ministère de la Recherche

UNESCO

2008, ANNÉE INTERNATIONALE DE LA PLANÈTE TERRE
Face au constat général que les richesses de la planète sont associées aux conséquences les plus noires de l’ère industrielle (pollution de l’air et de l’eau, marées noires, agriculture mal maîtrisée, épuisement des sols, désertification…), il a été décidé que la mission des géosciences est de se mettre au service de l’humanité en sortant des labos. Aussi dans le but de faire évoluer le regard du public sur l’importance des enjeux naturels, il est prévu de mettre l’ensemble des géosciences à l’honneur en favorisant de multiples contributions pédagogiques. 3 types de publics sont concernés par l’année internationale de la Terre : les scientifiques impliqués dans les sciences de la Terre ; les scolaires sous formes d’Olympiades des sciences de la Terre et le grand public avec de nombreuses expositions et débats.

Infos : www.anneeplaneteterre.com
Principales sources utilisées : Alternatives Economiques - Capital - Challenges - Enjeux - L’Express - Sciences Et Avenir

Reproduction interdite - Copyright JdP© / • Directeur de la publication : Y.Guerin / Rédacteur en chef : D.Reuter
Illustrations : C.Burgaud • N°ISSN 1156-8801 - Dépôt légal N°367 - Réalisation : N1bus-Expériences Copyrights© 2007-2008

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