Les revues de presse du JdP n° 88
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La revue de presse internationale

Date : 31/01/2008

COMPÉTENCE

UN TAUX D’EXODE ÉLEVÉ DANS LES PAYS PAUVRES
La Cnuced (Conférence des Nations-Unies pour le commerce et le développement) lance une alerte sur l’exode des cerveaux en provenance des pays pauvres. Si l’hémorragie actuelle se poursuit, les 50 nations les plus pauvres vont le rester encore longtemps prédit l’étude conduite par Charles Gore. Il affirme que «Les taux d’exode sont plus élevés dans les pays où règne une forte instabilité politique». Ainsi par exemple à Haïti, 80% des titulaires d’un diplôme universitaire ont quitté l’île. Au Libéria, il ne restait plus (en 2002) que 72 médecins pour 3,1 millions d’habitants, 43% d’entre eux ayant émigré au Canada et aux Etats-Unis. La Cnuced recommande donc aux pays riches de favoriser la «circulation des compétences» mais en privilégiant des visas temporaires et non permanents en ce qui concerne les spécialistes des pays pauvres. En réalité, il s’agit de «fixer» les spécialistes dans leurs pays d’origine en évitant de les attirer de manière définitive dans les pays occidentalisés.

CRISE ECONOMIQUE

DES CYCLES INÉVITABLES

Selon Jacques Marseille, économiste, historien et professeur à Paris-I Sorbonne, «Le développement régulier de la richesse des nations n’a pas lieu sans douleur et sans résistance. Dans les crises, tout s’arrête pour un temps, le corps social paraît paralysé ; mais ce n’est qu’une torpeur passagère, prélude des plus belles destinées». Par ce propos, il indique que les crises sont inévitables et qu’il convient de rebondir dessus. Il cite notamment l’ouvrage du médecin français Clément Juglar (1862) Des crises commerciales et de leur retour périodique en France, en Angleterre et aux Etats-Unis dans lequel ce dernier propose d’en comprendre les raisons en indiquant que «Les crises (…) paraissent une des conditions de l’existence des sociétés où le commerce et l’industrie dominent. On peut les prévoir, les adoucir, s’en préserver jusqu’à un certain point (…) ; mais les supprimer, c’est ce que jusqu’ici (…) il n’a été donné à personne». A son époque, il avait déjà repéré la périodicité des crises de 1810, 1816, 1825, 1836, 1846 et 1857 sans évoquer naturellement celles suivantes de 1866, 1873, 1882, 1890, 1900, 1907, 1913, 1921, 1929, 1938. Ainsi, en seulement 130 ans de 1810 à 1938, le monde occidental a connu 16 crises soit 1 tous les 8 ans. De son côté, l’historien Labrousse avait lui-même pu constater qu’entre 1709 et 1817 le cycle moyen des crises était déjà de l’ordre de 6 à 6,3 années en Europe.


1 CRISE TOUS LES 6 ANS
En se plaçant dans le cadre de ces 40 dernières années, le monde a également subi 6 crises majeures soit… 1 tous les 6 ans ! D’après Jacques Marseille, le caractère cyclique et régulier des crises économiques ne doit pas faire oublier la conclusion pertinente du livre de Clément Juglar qui souligne que «Les affaires ne peuvent s’engager sur une base stable que dans des prix plus modérés qui permettent de nouveaux échanges quand la place sera débarrassée d’une imprudente spéculation !»

Les 6 dernières crises dans le monde depuis 1970 :
1973    Première crise pétrolière
1979    Seconde crise pétrolière
1987    Krach boursier
1993     Recul du PIB et croissance du nombre de chômeurs consécutive à la guerre du Golfe
2000     Krach de la nouvelle économie
2007     Crise immobilière des «subprimes» et menace d’une récession générale
Source : Investir Magazine

DETTE

LE «VOL DES VAUTOURS»

Selon la dernière estimation de la Banque mondiale, il existerait 46 fonds «vautours» agissant en prédateur sur l’endettement des pays du Sud parmi les plus endettés. Le Cameroun, le Nicaragua, la République du Congo et l’Ouganda seraient les principales victimes de ces fonds qui opèrent principalement à partir des Etats-Unis, du Royaume-Uni et des Iles Vierges britanniques. Le principe mis en place est le suivant : Les fonds rachètent à bas prix la dette des pays du Sud et tentent ensuite d’en obtenir le remboursement intégral devant les tribunaux en demandant, en plus, de lourdes pénalités. 25 fonds auraient ainsi obtenu gain de cause en récupérant au total un milliard de dollars pour des créances initiales de 427 millions. Un business également juteux pour les avocats, juristes et autres financiers sans scrupule qui exigent, par ailleurs, le règlement d’indemnités de la part des pays concernés.

FISCALITÉ

UNE FORME D’INSÉCURITÉ FISCALE À LA FRANÇAISE

Une enquête réalisée par Taj, société d’avocats membre de Deloitte Touche Tohmatsu, indique que 90% de décideurs salariés de groupes multinationaux se disent globalement satisfaits de leur relation avec l’administration fiscale. En revanche, ils se disent presque tous préoccupés par une forme d’insécurité fiscale en France. En effet, 35% considèrent comme complexe l’application de la TVA, la fiscalité internationale des prix de transfert et même la Taxe professionnelle pour 26% d’entre eux. L’insécurité fiscale est pour eux relativement «désincitative», notamment à cause du changement incessant des lois. 45% confirment avoir eu une réponse orale d’un inspecteur des impôts contredite par un autre inspecteur et le même pourcentage de décisionnaires (46%) trouve «inquiétant» le fait que l’Administration ne s’engage pas sur l’interprétation d’un texte quand on le lui demande. Ils sont, en outre, 63% a avoir vécu un changement de position de l’administration entre 2 contrôles.

INDUSTRIE

TROP PEU DE SPÉCIALISATION EN FRANCE
Selon les économistes, l’industrie française est mal adaptée à la demande mondiale faisant qu’elle n’est pas dans une posture idéale pour exploiter la forte croissance disponible actuellement dans le monde. Sous l’angle industriel, le pays souffre d’un paradoxe avec trop peu de points forts mais aussi peu de points faibles. Une situation d’ensemble qui traduit une offre industrielle jugée trop  «généraliste» pour prétendre être vraiment compétitive dans le concert international. En effet, si l’industrie hexagonale couvre presque tous les segments d’activité dans des proportions comparables à la moyenne des autres grands pays industrialisés, elle révèle une trop faible spécialisation dans les secteurs de haute technologie. Elle est également peu présente dans les marchés géographiques à forte croissance et, à l’inverse, trop conséquente dans les activités les plus exposées à la concurrence globalisée ce qui induit mécaniquement de gros risques de délocalisation.

• Niveau suffisant (+) ou bon (++) de spécialisation de 12 secteurs industriels français, c’est-à-dire plus que la moyenne des autres grands pays industrialisés :
(+++)Energie nucléaire
(++)  Agroalimentaire
(++)  Aéronautique et espace
(+)    Textile, chaussure, habillement
(+)    Chimie
(+)    Pharmacie
(+)    Articles en caoutchouc et plastiques
(+)    Travail des métaux
(+)    Produits minéraux non métalliques
(+)    Appareils électriques
(+)    Automobile
(+)    Trains

• Niveau insuffisant (–), très insuffisant (– –), dépassé (– – –) en matière de spécialisation :
(– – –)  Pétrole, charbon, gaz
(– – –)  Minerais hors énergie
(– – –)  Informatique
(– – –)  Téléviseurs, radios, appareils de communication
(– –)     Edition et imprimerie
(– –)     Meubles, jouets, articles de sport
(–)        Métaux de base
(–)        Machines et matériels
(–)        Construction navale
Source : Gilles Le Blanc, Institut de l’entreprise et Cercle de l’industrie


VERS UNE NOUVELLE BATAILLE INDUSTRIELLE

Le problème actuel de l’industrie française n’est pas tant de corriger des spécialisations traditionnelles devenues obsolètes, peu compétitives ou inadaptées en regard de la demande mondiale, que de développer des pôles industriels ayant de réelles spécialisations. Sous un angle stratégique cela suppose d’une part, d’assumer le déclin de certains secteurs au risque de ne plus couvrir l’intégralité de la production industrielle et décider, d’autre part, de se recentrer sur un petit nombre d’activités à haute valeur ajoutée sur lesquelles il est urgent de mobiliser un effort massif d’investissement, de recherche et développement, de communication et d’action commerciale. La rénovation du tissu industriel français, bien plus que la seule recherche de productivité, est une révolution nécessaire pour s’imposer dans le cadre de la mondialisation des échanges. Cela suppose, à la fois, une bataille politique, une bataille du savoir et une bataille industrielle à mener conjointement sur le même front.

• La spécialisation industrielle moyenne d’un pays est définie comme la moyenne des indices de spécialisation productive de chaque secteur, pondérés par leurs valeurs ajoutées. Plus l’indice est élevé, plus un pays est spécialisé sur certains créneaux industriels. Indices de spécialisation productive moyenne de 7 pays de l’OCDE (base 2002) :
1,52    Japon
1,52    Italie
1,44    Allemagne
1,24    Royaume-Uni
1,08    Espagne
1,05    France
0,93    Etats-Unis
Source : Gilles Le Blanc, Institut de l’entreprise et Cercle de l’industrie



INVESTISSEMENTS

78 400 MULTINATIONALES
L’édition 2007 du World Investment Report publié par la Cnuced indique qu’il existe dans le monde 78 400 entreprises multinationales et 780 000 filiales. Début 2007, le stock mondial des investissements à l’étranger représentait 12 500 milliards de dollars soit l’équivalent de 26,1% du PIB mondial, contre 19,7% en 2000 et 8,7% en 1990. Ceci est un véritable record historique prouvant toute l’importance de l’emprise économique et capitalistique sur le monde. Les mouvements de fusions-acquisitions représentent près de 70% des flux d’investissements internationaux indiquant là que les grandes entreprises s’internationalisent principalement non pas en créant de nouveaux lieux de production de biens et de services mais en rachetant ceux qui existent déjà à l’étranger. Le stock d’investissements bilatéraux le plus important est celui des firmes britanniques installées aux Etats-Unis. La seconde relation bilatérale la plus importante est celle entre Hongkong et la Chine suivie par des relations conséquentes de différents pays vers les Pays-Bas, les Iles Vierges britanniques, la Suisse, le Luxembourg. D’après la Cnuced, tous les flux d’investissements internationaux sont encadrés par plus de 5 500 traités bilatéraux d’investissements dont la complexité et la diversité ne cessent de croître. En 2006, 20,1% des règlementations nationales portant sur les investissements internationaux vont dans le sens d’un plus grand protectionnisme même si encore 80% des changements de réglementation s’inscrivent toujours dans le sens d’une plus grande libéralisation. La tendance au protectionnisme augmente d’année en année depuis 2002 (4,9% à l’époque).

• Etat de l’opinion en % se disant favorable au maintien des barrières commerciales considérant que celles-ci protégent les activités locales, même s’il doit en résulter une croissance plus lente (base 2006) :
66%    France
56%    Etats-Unis
52%    Allemagne
48%    Royaume-Uni
46%    Italie
45%    Pologne
42%    Slovaquie
Source : German Marshall Fund

Principales sources utilisées : Capital - Alternatives Economiques - Enjeux - Investir Magazine - TAJ

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Illustrations : C.Burgaud • N°ISSN 1156-8801 - Dépôt légal N°367 - Réalisation : N1bus-Expériences Copyrights© 2007-2008

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