Les revues de presse du JdP n° 88
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La revue de presse des professionnels

Date : 31/01/2008

MANAGEMENT

MOU, INCOMPÉTENT ET MANQUANT D’AUTORITÉ
Une étude réalisée dans 10 pays par le cabinet BPI, conseil en gestion de ressources humaines, indique que globalement les dirigeants français se révèlent plus mauvais qu’ailleurs. Les salariés français interrogés sur leurs supérieurs hiérarchiques critiquent majoritairement le fait qu’«Ils sont mous et incompétents». Cette attitude fait ainsi dire à Brice Maillé, directeur de la branche management de BPI, que «Nous ne nous attendions pas à un tel écart. Nous entendions les critiques sur le terrain mais nous pensions que les difficultés étaient similaires ailleurs». Le jugement est encore plus sévère lorsque l’on sait que seulement 1 salarié sur 3 estime son supérieur hiérarchique comme «très compétent» et 1 sur 2 uniquement qu’il dispose d’un «quelconque talent», soit le taux le plus bas des 10 pays couverts par l’étude.
D’une manière générale, plus les salariés sont âgés et plus leur opinion est mauvaise sur la hiérarchie. Ce phénomène se retrouve également en fonction de la taille de l’entreprise. Plus l’entreprise est grande plus l’impression est négative. Un autre constat frappant est que les salariés éprouvent peu de respect pour leurs managers et leurs consignes. Un Français sur deux reconnaît ne pas suivre les directives de son supérieur hiérarchique. Seuls les Roumains font pire (60%).
Le manque d’autorité des managers français est également un ressenti fort alors que partout ailleurs
l’autorité est considérée comme une qualité importante. Par exemple, les pays dont les supérieurs hiérarchiques sont jugés les plus «autoritaires» sont aussi ceux où leurs collaborateurs les trouvent les plus sympathiques comme c’est notamment le cas aux Etats-Unis et au Maroc. «En France, on assimile volontiers autorité et autoritarisme avec une volonté de sanctionner négativement» note les auteurs. L’étude conclut enfin que si les défauts managériaux n’empêchent pas les grandes entreprises de réaliser d’excellentes performances, celles-ci sont de plus en plus le fait de leurs filiales et de leurs managers à l’étranger !

CHRONOBIOLOGIE

AVOIR LE BON TIMING
Considérant que nos performances varient selon les heures de la journée, la chronobiologie permet d’identifier nos plages de vigilance maximale en prenant en considération notre rythme circadien. Il s’agit, chez l’homme, d’un rythme biologique d’environ 24 heures réglé en fonction de l’environnement général (soleil, lune, nuit…). Le principe de la chronobiologie est que chaque organe est au maximum de son activité à un moment de la journée et qu’il ne fonctionne pas de la même façon à 7H., 12H. ou 20 heures. Exemple de bon timing chez un individu vivant en harmonie avec ses rythmes naturels :

• Le bon timing pour être en forme durant la journée
6H00 : La production de cortisol, l’hormone du réveil, est à son pic. Le cerveau se met en route.
8H00 : Premier pic de tonus corporel avec la conjugaison de plusieurs hormones permettant de brûler idéalement les graisses et développer les muscles.
10H00 : La vigilance du cerveau est optimale avec un fort taux de sucre dans le sang et une température corporelle élevée favorisant l’activité intellectuelle.
12H00 : Moment pour prendre un déjeuner léger mais complet afin d’éviter une baisse de tonus et d’attention.
15H00 : La mémorisation est moins bonne que le matin mais le taux de glycémie (sucres dans le sang) est encore haut si le déjeuner a été normal permettant d’effectuer des tâches de routine.
17H00 : Second pic de tonus musculaire à mettre à profit pour une activité physique.
19H00 : La tension retombe avec une sécrétion de mélatonine (hormone du sommeil) qui s’accélère.
20H00 : C’est le temps de décrocher et de dîner au plus tôt afin de faciliter ensuite le cycle d’endormissement.

•  Le bon timing pour bien récupérer la nuit
22H00 : Faire une petite promenade relaxante en vue de s’aérer et permettre ensuite de mieux dormir.
23H00 : Phase d’endormissement progressif durant laquelle l’hormone de croissance est à son taux de concentration maximale pour renouveler les cellules durant les 3 à 4 heures suivantes.
2H00 : Endormissement nécessaire sous peine de dérégler gravement la mécanique interne sachant qu’à ce moment précis la capacité de mémorisation et de récupération physique sont en jeu. L’hormone acétylcholine aide les muscles à se relaxer totalement.
4H00 : Le sommeil se fait plus léger à cause du fait que la sécrétion de cortisol a repris. Un réveil régulier à cette heure nécessite de voir un spécialiste.

ORGANISATION

LA LOI DE CARLSON
Le professeur suédois Sune Carlson a découvert en 1950 la loi des «séquences homogènes», principe selon lequel un travail continu prend moins de temps que de le faire en plusieurs fois. Selon lui, il faut 3 minutes pour se concentrer sur un travail ce qui engendre, dans le cas d’un travail interrompu plusieurs fois, fatigue et sentiment d’inefficacité. Il avait déjà remarqué, à l’époque, que l’activité des managers était interrompue en moyenne toutes les 20 minutes !


LA LOI DE SALOMON
Le roi Salomon, 1000 ans avant Jésus-Christ, a écrit qu’il existait «un temps pour toute chose sous les cieux» en se référant aux moments forts de l’existence. Il signifiait par là que pour être efficace et accompli, il faut savoir changer régulièrement d’activité au cours de la journée. Cette loi complète parfaitement celle de Carlson dans le cadre de la vie quotidienne des managers modernes.

À QUAND LE WEB 3 ?

D. Reuter souligne également que «La régularité d’une consommation d’informations non traitées et dispersées conduit immanquablement à la superficialité et à l’encrassement de l’activité cognitive, un peu comme une alimentation non appropriée dont on imagine bien les effets sur le corps». La solution idéale en ce domaine concerne la mise en place d’un «Web 3» associé aux outils nomades de haute technologie de manière à regrouper le meilleur de l’information traitée (multiples éclairages de l’actualité, culture professionnelle utile, savoir universel organisé) le tout en accès immédiat, gratuit ou faiblement payant. Il ajoute, en résumé, que «Le XXIe siècle sera celui de l’information qui construit, libère et épanouit ou ne sera pas !»

WEB INFORMATION

LE NET, UNE VRAIE SOURCE D’INFORMATION
Selon une enquête TNS-Sofres, 45% des Français utilisent le Net pour suivre l’actualité dont 17% le font souvent, 17% parfois et 11% rarement. Parmi les Français qui s’informent sur le Net, 7% estiment que ce média est la source d’information par excellence et 47% qu’il représente une source importante d’informations. Il semble incontestable que le Net soit devenu un média d’information aux côtés des médias traditionnels. Selon Jean-Charles Grout, directeur d’études chez Ipsos, la catégorie socioprofessionnelle reste déterminante parmi les internautes en constatant que «Largement plus que la moyenne, les cadres utilisent le Web pour s’informer : 55% d’entre eux l’an dernier». Même type de comportement chez les jeunes et les seniors pour qui le Net a provoqué un nomadisme et une infidélité vis-à-vis des médias traditionnels. Pour Denis Muzet, sociologue des médias «A l’heure où les Français manifestent une défiance croissante à l’égard des médias traditionnels, la vérité n’est plus dans un seul journal qu’on lirait ou regarderait intégralement…On multiplie les sources, les mettant en concurrence et développant un regard critique».

LA FRAGMENTATION DES SOURCES
Il est également vrai que les Français et les européens n’ont plus guère envie de payer pour s’informer. «Pourquoi investir dans l’information quand elle est partout accessible gratuitement ?» interroge Jean-Marie Charon, chercheur au CNRS.
Avec le recours croissant aux agrégateurs et aux moteurs de recherche se dessine une tendance lourde d’après Bertrand Pecquerie, président du World Editors Forum, pour qui «Au XIXe siècle, le grand défi était de produire l’information ; au XXe siècle c’était de la diffuser ; au XXIe siècle c’est de la trouver».
Ce constat est vrai pour l’info basique l’actualité spectacle ou le fait ponctuel. Lorsque l’information devient plus complexe à traiter, la fragmentation et la multiplicité des sources «Internétisées» ne valent pas mieux que la dominance de tel ou tel média sur l’opinion publique.
Sauf à savoir pratiquer soi-même des synthèses objectives, «Plus la quantité d’infos est volumineuse, fragmentée et distribuée sur un grand nombre de sites, moins son traitement intellectuel par l’internaute est rendu possible sous forme de synthèse pertinente et utile» souligne Didier Reuter, éditeur Men3 spécialisé dans les contenus numériques.

Il poursuit en soulignant que la «cueillette sauvage» d’informations non traitées sur l’Internet rend un service immédiat mais que de «manière cognitive, et sauf à disposer d’un esprit de synthèse, plus la masse disponible d’informations est importante, plus difficile est son agrégation finale et plus probable est la dispersion du jugement.»

LE PARADOXE DE LA GRATUITÉ
Pour ce professionnel de l’info, le modèle Internet actuel face aux médias traditionnels entraîne un autre paradoxe économique du fait que «Plus l’information est basique, facile et gratuite à consulter sur le Web, plus elle coûte chère en terme de rentabilité du temps mobilisé». Selon le principe du Time is money appliqué à la nécessité croissante de disposer, à tout moment, d’une information traitée et synthétisée, il ajoute que «Ce que l’on peut trouver en 1 minute dans un bon site professionnalisé, un bon contenu numérique dédié ou un bon support papier spécialisé (payant ou non) peut coûter, au final, jusqu’à 30 fois plus à l’internaute en l’obligeant à multiplier ainsi les minutes consacrées à la recherche «gratuite» d’infos et ce, sans garantie de pouvoir bénéficier au final d’un aussi bon rendu qualitatif». En effet, au-delà d’une certaine demande d’exigence dans la qualité de l’information, tant que l’internaute zappe, navigue, picore l’info disponible par curiosité et sans véritable stratégie de recherche, «L’apport de la technologie du Net en matière d’appropriation basique de l’information se place globalement au même niveau que l’usage de l’ordinateur en terme de créativité ou de la téléphonie mobile en terme de qualité relationnelle. L’individu plafonne assez vite et adapte inconsciemment son comportement et son attitude en fonction des moyens et des sources utilisées. Il croit qu’il progresse alors qu’en réalité, il régresse dans la conscience possible des choses.»

Principales sources utilisées : L’Entreprise - Enjeux - L’Express - Management - Le Monde.fr

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Illustrations : C.Burgaud • N°ISSN 1156-8801 - Dépôt légal N°367 - Réalisation : N1bus-Expériences Copyrights© 2007-2008

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